Après la révélation du projet Sous le regard des arbres lors des JNA 2025 (Voir article du Littoral du 12-9-2026), la Mairie du Château d’Oléron m’a confié une mission précieuse : offrir au village une constellation d’Œillarbres. Après plusieurs repérages, c’est le Chemin des Remparts de la Citadelle qui s’est imposé, comme une évidence, pour accueillir cette présence silencieuse durant dix années.
Depuis janvier 2026, dix panneaux grand format en Alu‑Dibond — certains atteignant 200 × 120 cm — représentant quatorze Œillarbres sélectionnées avec la Commission Culture de la Mairie, ont ainsi pris place sous un bosquet de pins parasols face à la mer.
L’installation ne laisse personne indifférent : certain·e·s la critiquent, d’autres l’adorent. Mais tous s’accordent sur un point : elle interpelle. Elle invite les passant·e·s à réfléchir à la place essentielle des arbres et des forêts dans nos vies. À travers cette exposition, les arbres semblent s’animer, nous observer, comme s’ils portaient en eux une sagesse ancienne, calme et profondément vivante. Que cherchent-ils à nous dire, eux qui ont mis des décennies — parfois des siècles — à grandir pour nous offrir leur ombre, leur bois, leur beauté ?
Ces êtres silencieux nous rappellent notre responsabilité envers le vivant, l’urgence de préserver la nature, et la nécessité de respecter les forêts, véritables poumons de la Terre. Ils nous invitent à ralentir, à écouter, à respecter ces forêts qui respirent pour nous.
Le sauvage n’est pas la forêt. Le sauvage, c’est celui qui oublie que le bois est sacré. Et dans les yeux étonnés des Œillarbres, ce sont nos sociétés déboussolées qui se reflètent.
Il nous revient d’entendre leur message. De lire dans leurs yeux de bois la possibilité d’un autre rapport au monde. Car les Œillarbres ne sont pas seulement des images : ce sont des éclats de conscience, des sentinelles qui nous montrent, peut-être, le chemin de notre survie.




